La liste officielle des trucs qui m’énervent quand je vais à ma salle de muscu (2e partie)
Par Zagro, lundi 5 novembre 2007 à 11:51 - Forme - #297 - rss
Je sais, je vous ai laissés sur votre faim la dernière fois. Je mets fin au suspense : voici la suite des trucs qui m’énervent à la salle de muscu.
(Voici la 1ere partie pour ceux qui auraient raté le début de l'histoire)
5) Les gens qui disent « oh la la, c’est trop dur »
Ils sont partout. Dans la salle de cours. Sur les appareils de cardio. A côté des machines de musculation. Que ce soit en cours collectif ou privé, dès que le coach leur demande de faire un exercice, ils grimacent et se mettent à geindre. « Oh non, il est super dur cet exercice. Je suis mort(e) ! ». Ce sont les mêmes personnes qui font des leg extensions à 10kg en lisant leur magasine et me regardent comme si j’étais un mutant venu d’une galaxie lointaine parce que je fais des front squats. Alors on va tout de suite mettre les choses au point : le sport, c’est dur. Il faut parfois en baver pour arriver à ses fins. Prendre du muscle ou éliminer ces bourrelets disgracieux sans verser une goutte de sueur, ça n’existe pas. C’est d’ailleurs toute la beauté de la chose : c’est quand même formidablement gratifiant de se rendre compte que l’on a fait des efforts pour atteindre un but et que ceux-ci ont été récompensés. Alors prenez du plaisir à souffrir un peu car le jeu en vaut vraiment la chandelle. Et si vous n’êtes pas prêt à le faire, le bavardage et la contemplation coûtent beaucoup moins cher au café du coin…
6) Les gars qui passent leur vie sur les machines
Ils préfèrent le butterfly au développé couché. Ils n’ont jamais fait un soulevé de terre de leur vie. Ils évitent les haltères comme si ceux-ci allaient les brûler au troisième degré. Ils ne travaillent que sur les machines et ne se rendent pas compte à quel point leur entraînement serait plus efficace s’ils utilisaient un peu plus de charges libres. Je vais essayer d’expliquer les choses le plus clairement possible. Prenons l’exemple de la machine qui reproduit le mouvement du développé militaire (pour les non initiés, il s’agit d’un mouvement pour les épaules qui consiste à pousser une barre ou des haltères verticalement). Quand vous travaillez sur cette machine, vous êtes guidé (c’est le principe de la machine) et à moins d’être l’Incroyable Hulk il n’y a qu’une seule trajectoire possible pour la charge. Faites le même mouvement debout avec une barre. Votre but est toujours de pousser la barre au-dessus de votre tête. Mais cette même barre a cette fâcheuse manie de vouloir partir sur un côté, derrière ou devant, voire d’essayer de vous entraîner dans sa chute. Morale de l’histoire : non seulement vous devez produire un effort pour lever la barre, mais en plus vous devez tout faire pour stabiliser le mouvement et votre position. Qu’est-ce que cela veut dire à votre avis ? Que vos épaules travaillent beaucoup plus et qu’en cadeau d’autres muscles (comme les abdos par exemple) sont sollicités pour que votre barre ne se promène pas dans tous les sens. Ai-je besoin d’en dire plus pour vous expliquer à quel point les exercices à charge libre sont plus efficaces que les machines ? Je sais, certains d’entre vous me diront que l’avantage des machines est la sécurité. C’est vrai. Elles peuvent être un outil d’initiation pour les débutants. Mais pourquoi ne pas plutôt les faire travailler en charge libre avec des poids légers, le temps d’apprendre le mouvement ?
7) Les femmes qui ont peur de prendre du muscle
Pour ceux qui sont sur le forum depuis un petit bout de temps, j’avais déjà écrit un article sur le sujet il y a quelques mois. Mais cette question me tient tellement à cœur que j’avais envie de revenir dessus. Je dois dire que je me cogne la tête contre les murs à cause de ça à chaque fois que je vais à ma salle. Pas un cours collectif où le prof demande de prendre des haltères sans qu’une femme (de préférence de plus de 40 ans avec un corps aussi ferme que le chewing-gum que je suis en train de mâcher) ne s’exclame « oh la la, on va être comme Schwarzenegger ! ». Je pense que la prochaine fois que j’entends ça, je me pends à la barre à tractions. Pour vous montrer que je prends mon rôle de modérateur du forum très au sérieux, je suis allé exprès sur le site de Testosterone Nation (de très très loin le meilleur site consacré à la musculation et au fitness) et ai soulevé cette question sur le forum animé par Christian Thibaudeau. Pour ceux qui ne savent pas qui c’est, il s’agit de l’un des coaches les plus réputés en Amérique du Nord, ancien haltérophile devenu bodybuilder.
Christian Thibaudeau
Christian m’a répondu très gentiment et n’a fait que confirmer ce que je répète depuis des mois. Voici ses propos : « Le corps humain est limité dans sa capacité à bâtir du muscle par son propre profil biologique. L’un des facteurs les plus importants est le profil hormonal, en particulier la quantité de testostérone dans le corps. Les femmes ont un niveau de testostérone équivalent à environ 10/20% de celui des hommes, à cause de ça c’est très dur pour elles d’ajouter du muscle, même si elles le désirent vraiment. (…) Ainsi, une femme qui fait tout son possible pour prendre du muscle gagnera peut-être 2 à 3 kg sur la balance en un an… Donc, une femme qui ne fait PAS tout son possible pour prendre du muscle (par exemple faire un régime alimentaire adapté à la prise de masse ou prendre des suppléments) prendra le plus probablement un kilo à un kilo et demi en un an. (…) Le problème c’est que quand elles ont des courbatures après l’entraînement elles pensent automatiquement que leurs muscles ont doublé de volume ! TOUTES les femmes veulent être plus minces et plus fermes et cela nécessite de soulever des poids ».
Comme je l’ai déjà dit, soulever de la fonte ne peut que vous faire du bien. Cela raffermira votre corps et vous fera brûler des calories. Si cette peur panique des femmes par rapport à la musculation disparaissait, le pays irait beaucoup mieux : imaginez le nombre de filles bien fichues qu’il y aurait dans nos rues, dans nos boîtes, sur nos plages ! Je vous ai donné tout un tas d’arguments pour utiliser les haltères, en me référant à l’un des meilleurs spécialistes dans le domaine. Mesdames, mesdemoiselles, vous n’avez désormais plus aucune excuse. Plus rien ne vous empêche d’avoir un corps de rêve. Au travail.
Bon, je crois que j’ai vidé mon sac pour l’instant. Si d’autres choses me viennent à l’esprit, je n’hésiterai pas à vous en faire part !
