Sophrologie Caycedienne


Fruit de plus de quarante années de recherches, la sophrologie caycédienne a pour principal objectii la recherche de l'harmonie corps-esprit avec un nouveau regard sur l'existence. Bon nombre de personnes ont entendu parler de la sophrologie comme d'une méthode simple de relaxation ou bien comme d'une techni­que identique au yoga. Il n'en est rien et ce n'est pas non plus de l'hypnose. La sophrologie caycédienne a beau­coup évolué cette dernière décennie, il est temps de lever les a priori et idées fausses : voyons ce qu'elle propose aujourd'hui comme pratique, méthode et quels sont ses champs d'application.

Les origines

Né en 1932 à Bogota (Colombie), Alfonso Caycedo, neuropsychiatre, crée, en 1960, la sophrologie (du grec sos, harmonie, phren, esprit, et logos, science du discours). Au milieu des années soixante, pendant deux ans, il parcourt l'Orient pour prendre connaissance des techniques du yoga, du zen et du bouddhisme. Il en intègre certaines dans la sophrologie tout en les adaptant à l'Occident et en laissant de côté l'aspect religieux. Caycedo étudie aussi la phénoménolo­gie existentielle avec le psychiatre suisse Ludwig Biswanger, l'hypnose, la relaxa­tion de Jacobson et le training autogène de Schultz, les adaptant à la sophrologie. A la fin des années 80, de nombreux sophrologues s'installent, s'éloignant de plus en plus de la méthode et n'ayant aucune formation solide. Constatant des dérives dans l'exercice de la sophrologie, Caycedo crée la sophrologie caycédienne (qui est une marque déposée) en 1990, assurant ainsi le respect de la méthode et de ses fondements. Il crée le diplôme de master spécialiste en sophrologie caycé­dienne qui couronne un cursus de quatre années d'études.

La méthode
La sophrologie caycédienne ne sert pas seulement à aider ceux qui ont des désé­quilibres ou des problèmes, elle sert aussi à mieux équilibrer les bien portants (nous avons tous besoin de nous améliorer quel que soit notre degré de réalisation). Son objectif: la recherche de l'équilibre par une meilleure connaissance de soi. En sophrologie, les personnes doivent se prendre en charge elles-mêmes ; elles découvrent ou redécouvrent leurs propres valeurs. Pour cela, il est conseillé de s'en­traîner pour intégrer la sophrologie dans son quotidien et utiliser ses techniques à bon escient. En sophrologie, les personnes ne tra­vaillent que sur le positif, c'est « l'école du positif ». En effet, toute action positive se répercute positivement sur tous les élé­ments psychiques de l'homme. Vivre de manière plus positive, au présent, permet d'envisager l'avenir plus sceinement. Les exercices, proposés en groupe ou en individuel (en cabinet, en entreprises ou en institutions), reposent sur l'utilisa­tion de la relaxation, de la respiration, du mouvement et des techniques de visualisation. Ils sont simples, toujours centrés sur le renforcement de nos struc­tures positives et s'adressent à un large public. Le sophrologue ne touche pas les personnes mais la méthode permet de vivre les exercices avec des sensations corporelles. Une des premières étapes, lorsque l'on débute, est de partir à la conquête de son schéma corporel (c'est l'image que nous nous faisons de notre corps, à l'état statique ou à l'état dynamique). C'est le principal objectif du premier degré de la « relaxation dynamique ». Actuellement, il existe douze degrés de relaxation dynamique, chacun ayant sa spécificité : par exemple, le 1er degré pour le corps et le présent, le 2e pour le futur et l'esprit, le 3e pour l'harmonie corps-esprit, le 4e pour les valeurs de l'existence... Adaptée, la sophrologie convient tout à fait aux enfants ; il s'agit alors de la « sophrologie ludique ».

La séance

Une séance de sophrologie dure envi­ron une heure. Elle commence par un court dialogue, enchaîne avec la pratique, les yeux fermés, et se termine par un nouveau dialogue, la phénodescription (l'équivalent d'une verbalisation, c'est un temps d'échange sur le vécu de la séance), pouvant inclure des explications complémentaires ou des conseils.

Chaque séance est rythmée par des positions appelées postures. Les premières séances se font assis sur une chaise, ensuite nous alternons les postures assises et debout, qui sont celles de notre quotidien ; la concentration est accrue, il est pra­tiquement impossible de s'endormir. Très rarement, les séances se pratiquent allongé (enfants, femmes enceintes, impossibilité de rester assis...). Une séance de sophrologie se vit les yeux fermés du début jusqu'à la fin. Elle se décompose en trois parties :

La sophronisation

Toute séance commence par une sophronisation qui va ame­ner le sujet à un état de conscience dit niveau sophroliminal, dans lequel se pratique le reste de la séance, jusqu'à la reprise de tonus musculaire. C'est la base de la sophrologie. Il s'agit d'un processus pen­dant lequel les participants vont être progressivement conduits vers un niveau de conscience différent de leur niveau de* conscience ordinaire. La sophronisation consiste à amener le sujet, de la tête aux pieds, à l'aide d'un texte énoncé suivant un rythme régulier, dans un état de détente le plus profond possible, pour éliminer toute tension musculaire, le libérer des jugements et de la rationalisa­tion. Le niveau de vigilance est abaissé jusqu'à atteindre un seuil situé entre la veille et le sommeil, la conscience restant en éveil. Cette première étape apporte déjà des bénéfices. Les person­nes savent se relaxer, font abstraction de leur mode habituel de pensée, de leurs préoccupations.

Les exercices entrecoupés de pauses

Tous les exercices sont à vivre au plus profond de son corps, le maître mot en sophrologie est de les vivre avec des sensations agréables, positives. Lorsqu'un exercice est terminé, nous fai­sons une pause, pendant laquelle les personnes intègrent tous ses bienfaits, en étant à l'écoute des messages que leur corps leur envoie, en quelque sorte ; c'est là qu'elles sont en train de se « construire ». Ces exercices sont basés sur la respiration abdominale, celle du lâcher-prise, et aussi des mouvements, des visualisations, guidées ou non.

La reprise de tonus musculaire

C'est une phase dynamique qui va redonner aux participants tout leur tonus, le corps se remet en marche, ils retrouvent leur vigilance. Après de grandes respirations, à l'inverse de la soph­ronisation, il s'agit de remuer, bouger, étirer toutes les parties de son corps, des pieds jusqu'à la tête, à son rythme, sans se presser, sans oublier de bâiller puis, enfin, d'ouvrir les yeux avec un nouveau regard sur le monde.

Les champs d'application

Les domaines d'application de la sophrologie sont nombreux, en voici quelques-uns, parmi les plus importants :

  • - accompagnement dans les longues maladies ;
  • - amélioration du sommeil ;
  • - angoisse, crises de panique ;
  • - concentration ;
  • - confiance en soi ;
  • - dépendances (alcool, drogue, jeu...) ;
  • - dépression, déprime ;
  • - deuil ;
  • - gérontologie ;