La liste officielle des trucs qui m’énervent quand je vais à ma salle de muscu


muscuBeaucoup de boulot (d’où une présence moins régulière sur le forum), pas mal de stress, une bronchite qui m’a terrassé la semaine dernière : disons le franchement, j’ai connu des périodes plus fastes. Du coup, ma relative mauvaise humeur m’a donné l’idée d’un article. Il fallait que ça sorte, que je me débarrasse de mes idées noires. Mais rassurez-vous : ceci n’est pas seulement une manière de soulager mes nerfs. Il se pourrait bien que vous appreniez quelques trucs intéressants au passage. Voici la liste de tout ce qui m’énerve quand je vais m’entraîner.

1) Les gens qui s’entraînent avec leur téléphone portable à côté d’eux

Vous avez besoin d’être tenu au courant des cours de la bourse en temps réel ? Vous êtes médecin urgentiste et pouvez être amené à intervenir à tout moment ? Vous êtes responsable de la sécurité nucléaire du pays ? Non, rien de tout ça ? Alors laissez votre portable au vestiaire. Le sport doit justement être un moment de coupure, où vous prenez soin de votre corps (et de votre esprit !) en oubliant les soucis du quotidien. Et si c’est si important que ça, ils vous laisseront un message.

2) Les gens qui viennent me parler en plein milieu d’une série

Je suis en plein milieu d’une série de soulevés de terre à 85 % de 1RM. Je sue sang et eau. Je gémis comme un animal sauvage en train d’agoniser. Mes fessiers, mes lombaires, mes abdos et mes ischios sont en flammes. Et il faut qu’à ce moment-là un gars (oui toi ! tu t’es reconnu, hein ?) vienne me parler du match de rugby. J’ai l’air d’avoir envie de discuter là ? Tu ne peux pas attendre que je finisse ma série ? Tu crois que je vais être capable de prononcer un mot alors que je ne pense qu’à survivre ?

3) Le gars qui vient de s’inscrire et me fait « je n’ai pas envie d’avoir un physique de bodybuilder »

Vous l’avez tous rencontré. C’est peut-être même vous. Le gars hyper maigre, un peu courbé, avec le short remonté jusqu’au nombril et les baskets achetées en 1988 qui n’ont servi que trois fois depuis (dont deux pour sortir les poubelles). Il fait deux séries de développés couchés à la machine avec 15 kg de poids. Après ça, il fait 10 minutes de vélo, 20 abdos et repart aux vestiaires. Et il vous explique qu’il est là pour garder la forme, qu’il veut prendre un peu de muscle mais pas trop, qu’il n’a pas non plus envie de devenir « comme un bodybuilder ». Ne t’inquiète pas mon pote, tu as de la marge. Avec ce genre de mentalité, tu ne risques pas d’y arriver. Tu risques même de n’arriver à rien. Je m’explique (en mettant un instant le cynisme de côté) car il y a là un aspect mental qui mérite d’être approfondi. Une personne qui dit ce genre de chose est une personne qui se fixe non pas des objectifs mais des limites. Une personne qui s’entraîne avec le frein à main. Une personne qui ne se donne pas les moyens de réussir. Si vous partez d’emblée avec ce type de raisonnement, vous allez faire moins de séries, ne pas faire les efforts alimentaires nécessaires, ne pas mettre assez de poids, négliger certains exercices pourtant essentiels, par peur de cet épouvantail stéroïdé que vous avez créé dans votre tête. Bref, vous n’allez pas aller au bout de vos possibilités, vous n’effectuerez pas un entraînement optimal, et au final n’atteindrez pas vos objectifs.

Pour mieux éclairer mes propos, peut-être un peu abstraits, je vais prendre mon cas personnel (pas pour me faire mousser, mais pour que vous ayez un exemple tiré du monde réel). Je mesure 177 cm. Il y a un peu plus de trois ans, après un séjour prolongé aux Etats-Unis, j’avais pour la première fois de ma vie franchi la barre des 70 kgs. J’avais un bidon dont je n’étais pas franchement fier. Je me suis pris en main. J’ai arrêté de manger n’importe quoi. Je suis allé quatre fois par semaine en salle de muscu. Au bout de trois mois, j’avais perdu 10 kg, mes abdos étaient visibles (une première pour moi) et mes muscles dessinés. Vous croyez que je me suis dit à un seul moment « je vais m’économiser sur cette séance car j’ai peur de devenir comme Kate Moss » ? Non, je me suis donné à fond et une fois le résultat atteint, je suis passé à un autre programme. En effet, je me suis aperçu que je ne pesais pas bien lourd sans ma couche de graisse et que ce serait pas mal de prendre un peu de muscle. J’ai repris 12 kg en masse sèche depuis. Rassurez-vous, je ne ressemble pas à Schwarzenegger (selon la formule consacrée), je suis normalement proportionné, bien musclé, sans avoir l’air d’un monstre difforme gavé de substances illicites. Là non plus, je ne me suis jamais fixé de limites dans ma tête : je me suis entraîné, j’ai poussé lourd, me suis alimenté en conséquence et suis arrivé là où je voulais être. Comme diraient les anglo-saxons, my point is : vous ne vous réveillerez pas du jour au lendemain avec la carrure de The Rock parce que vous avez poussé lourd la veille. Cela prend du temps. Alors travaillez dur, ne vous posez pas de questions, qui sait, vous pourriez atteindre des résultats rapidement (au lieu de ne pas les atteindre du tout). Il sera alors temps de vous dire « stop ou encore ». C’est VOUS qui contrôlez votre entraînement et ce que vous voulez faire de votre corps. En un mot, fixez-vous des objectifs (perdre du poids, prendre du muscle, gagner en endurance, être plus fort…), pas des barrières !

4) Les gens qui font le même programme depuis trois ans

Je n’invente rien. Il y a dans ma salle, que je fréquente depuis bientôt quatre ans, des gens qui font la même chose depuis que je suis inscrit. A la seconde et à l’exercice près. Etrangement, ce ne sont pas ceux qui m’impressionnent le plus par leur physique. Je vais prendre une image. Si vous lisez un livre une fois, vous en retiendrez l’essentiel, mais pas tout. Si vous le relisez une deuxième fois, vous découvrirez des choses qui vous ont échappé la première fois. Et ainsi de suite. Mais au bout de la dixième (ou quarantième ou centième, peu importe), vous n’apprendrez plus rien et vous ennuierez à relire des choses que vous connaissez déjà. Eh bien le corps fonctionne exactement de la même façon. Si vous faites un programme pendant quelques semaines, votre corps apprendra de nouvelles choses à chaque séance. Mais au bout d’un moment, il s’adaptera et vous entrerez dans une phase qui s’appelle stagnation. Il sera alors temps de lire un autre livre, ou plutôt changer de programme. Attention ! Il faut lire le livre en entier et non juste quelques pages (traduisez : faire le programme suffisamment longtemps et ne pas en changer en permanence, ce qui serait également une erreur grave). En outre, relire un livre quelques mois ou années plus tard peut être très bénéfique pour se remémorer certains passages. Là aussi, c’est pareil pour le corps et les programmes d’entraînement.

Mince, je ne suis pas encore arrivé à la fin et c’est déjà beaucoup plus long que ce que je pensais… Je vous propose un deal : vous méditez sur ces quelques réflexions et je reviens dans quelques jours avec la seconde partie, ok ?

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