Le Kalaripayat


kalaripayatRien que l'appellation est un voyage en soi... Sa signification, "le lieu des exercices", de kalari (le lieu ou l'arène) et payattu (exercice). Entre la réalité historique et les légendes indiennes, il est difficile de remonter aux premières traces du kalaripayat. Né dans les jungles du Kerala, au sud de l'Inde, on dit que le kalaripayat est le plus vieil art martial au monde encore pratiqué et qu'il serait l'ancêtre du kung-fu. En effet, il existe certaines similitudes avec le kung-fu, mais aussi avec le taï-chi chuan, notamment le travail à base des postures d'inspiration animales, les exercices de jambes dans un couloir, les mouvements enchaînés...

Il existe deux principaux styles de kalaripayat : le style du sud et celui du nord. Dans le premier, l'accent est mis sur les techniques à mains nues, cela ressemble un peu au karaté ou à l'aïkido. Dans le second, on seconcentre davantage sur les armes qui portent des noms originaux, comme l'otta (massue en bois dur en forme de défense d'éléphant), le modi (poignard double fait avec des cornes de gazelle), l'urimi (sabre à la lame flexible à deux tranchants), mais aussi des lances, bâtons, boucliers... Ces armes sont utilisées lors des derniers niveaux de pratique pour les élèves accomplis.

Le kalaripayat compte cinq niveaux : l'apprentissage des mouvements du corps, l'utilisation des bâtons, le maniement des armes en acier, les techniques de combat d'autodéfense à main nue, l'art et la connaissance des points vitaux et des huiles ayurvédiques. En effet, les maîtres kalaripayat se doivent d'être des guerriers, mais aussi des guérisseurs, grâce à leur parfaite connaissance du corps et de ses ressources. Ce qui explique qu'en Inde, ils sont généralement médecins ayurvédiques, et soignent donc par des massages kalari leurs patients.