Mythbuster III (spécial femmes) : « La musculation risque de me transformer en Arnold Schwarzenegger »


Un article rédigé par Zagro, membre influent du forum Kestion forme

arnoldUn garçon sportif doté de solides connaissances en préparation physique est au café avec une amie à lui.

Elle : « Je me sens ramollie, il faut que je me remette au sport ». Lui : « Ben viens avec moi dans mon club de muscu/fitness ». Elle : « Oui, pourquoi pas. Ils ont des tapis de course et des steppers ? Lui : « Oui, bien sûr. Et tu peux aussi faire de la muscu sur les machines et avec les haltères, ça te fera du bien. »

La demoiselle fronce les sourcils, ses traits se tendent, son visage exprime un mélange d’étonnement, d’inquiétude et de colère :

« Attends, j’ai pas envie de devenir comme Schwarzenegger ! ».

(Toute ressemblance avec des personnages ou des dialogues existants serait purement fortuite)

Devenir comme Schwarzenegger… Combien de fois ai-je entendu cet argument de la bouche de représentantes de la gent féminine pétrifiées à l’idée de soulever un peu de fonte ! Il n’y a d’ailleurs qu’à regarder le faible nombre de femmes faisant de la musculation dans ma salle pour comprendre à quel point ce stéréotype est solidement ancré dans les têtes des Françaises (l’analyse des causes socioculturelles de ce phénomène dépassant largement les compétences de l’auteur). Bien, une fois de plus, je vais essayer d’utiliser des arguments rationnels basés sur mon expérience personnelle.

Sans être un globe-trotter, j’ai eu le bonheur de voyager dans de nombreux pays au cours de mon existence. L’été dernier, je me suis entraîné pendant deux semaines dans une salle en Pologne. Vous pouvez imaginer ma surprise quand j’ai constaté que toutes les femmes s’entraînaient longuement sur les appareils de musculation, y compris ceux travaillant le haut du corps. Et vous savez quoi ? Aucune d’entre elles ne ressemblait à un videur de boîte de nuit… J’ai donc continué mon enquête internationale aux Etats-Unis, entre octobre et décembre dernier. Et pas n’importe où : à Venice Beach, Californie, le berceau du bodybuilding (il faut bien que je frime un peu), là même où notre ami Schwarzy s’entraînait à l’époque où il raflait tous les trophées dans cette discipline. Idem, plein de jolies filles minces et bien dans leur peau, de femmes en excellente forme malgré un âge avancé, aucune haltérophile est-allemande… Et toutes n’hésitent pourtant pas à utiliser haltères, barres et autres appareils de torture…

A mon retour en France, j’ai fait part de ces anecdotes à un prof’ de ma salle, qui à force de me voir souffrir est devenu un ami. « J’ai vu exactement la même chose au Brésil, les filles travaillent avec des haltères et elles n’hésitent pas à charger assez lourd ». Et toujours pas de trace de nos montagnes de muscles en talons aiguilles… Pour trouver la réponse à cette énigme, il convient de vérifier ce qu’a fait exactement Arnold Schwarzenegger pour devenir cet athlète hors du commun. Rien du plus simple : il suffit de regarder un documentaire intitulé Pumping Iron. Dans ce film, tourné au milieu des années 70, à une époque où le bodybuilding était encore confidentiel, le réalisateur montre l’entraînement quotidien de l’actuel gouverneur de Californie et de son principal rival, Lou Ferrigno, à l’approche du concours Mr Univers. En résumé, on y découvre qu’Arnold et Lou soulèvent des charges hallucinantes pratiquement jusqu’à l’évanouissement. Arnold et Lou s’entraînent tous les jours. Arnold et Lou prennent douze œufs au bacon au petit-déjeuner. Arnold et Lou mangent trois énormes cheeseburgers le midi. Arnold et Lou se gavent de compléments alimentaires.

Alors, mesdames, mesdemoiselles, toujours effrayées de vous transformer en Incroyable Hulk ? Ou vous venez de vous apercevoir que vous aviez un rythme de vie très différent de ce que je viens de vous décrire ? Bref, ce n’est pas parce que vous soulèverez des haltères que vous allez prendre de la masse. La prise de masse nécessite un type d’entraînement et une alimentation très spécifiques. Je suis toujours effaré de voir les femmes dans ma salle faire deux séries de 10 répétitions d’un exercice avec une charge inexistante, comme si chaque série ou kilo supplémentaire mettait leur vie en péril. Ces mêmes personnes s’étonnent ensuite de n’avoir aucun résultat… Morale de l’histoire : n’hésitez pas à mettre un peu de poids, de faire des séries plus longues et plus nombreuses, de travailler tout le corps quand vous faites de la musculation. Tout ce que vous risquez, c’est de tonifier et raffermir votre corps et brûler des calories. Quelles horreur, n’est-ce pas ?

Un article rédigé par Zagro, membre influent du forum Kestion forme