La chemise blanche
Par Lea, samedi 20 janvier 2007 à 16:14 - Mode - #83 - rss
Il y a des signes qui ne trompent pas. La mode bafouille, radote ou s'épuise, sur l'air de "cette année, le grand retour du (au choix) noir, rouge, fluo, rétro, psychédélique, romantique, glamour, classique..." On peut parier que, tapie dans un coin, amidonnée ou froissée, stricte ou jabotée, ample ou étriquée, la chemise blanche attend, avec la patience que lui confère l'éternité, qu'on la rappelle sur le podium.
Parce que c'est elle, et elle seule qui est le symbole du basique chic, de l'androgyne qui a du chien, de l'uniforme qui se tient bien partout.
Masculine, elle ? Pff... Elle magnifie les jolis visages, révèle les cous de cygne, érotise les soutiens-gorge. Mais, bien que cette irréprochable symbolise un certain ascétisme monacal, une rigueur quasi puritaine, elle recèle dans ses plis immaculés une subtile part d'ombre. Peur être la fausse simplicité de celles qui se prétendent au-dessus du périssable et du grégaire, ou encore la fausse modestie de celles qui feignent d'oublier leur apparence pour mieux habiter leur légende personnelle. Lunettes noires, lèvres rouges, chemise blanche. Le triptyque sans faute d'un ego qui se porte bien, c'est-à-dire tout sauf étriqué aux entournures.
