J'ai essayé le yoga
Par Lea, vendredi 15 décembre 2006 à 23:11 - Forme - #16 - rss
Bien m'en a pris. Ce désir de toujours vouloir être à la pointe de la branchitude - merci Glamour et ses conseils avisés... - mêlé à la certitude que le yoga avait toujours manqué à mon équilibre personnel face aux attaques répétées du monde professionnel (parle en public, tiens toi bien, exprime toi, pourquoi tu t'énerves, est-ce que tu resistes au stress...), je me suis laissée tenter.

Déjà, il faut savoir que tu n'arrives pas au yoga dans la même tenue que quand tu vas à l'aérobic. Oublie ton jogging flambant-neuf qu'on-dirait-que-tu-l'as-jamais-utilisé, tes nouvelles baskets qui donnent l'impression d'être monté sur des pneus, oublie tout ça, car le yoga, c'est dans la tête. Plus tu arrives craspeck - nature dirons nous - plus tu montres que tu es concentrée sur ton toi intérieur et que les apparences c'est que de la pression sociale. Donc tu mets tout ce que tu as de plus vieux et de plus moche et c'est parti. La deuxième chose, c'est qu'au yoga, on est en chaussettes. Je vous passe les détails, mais bon, il faut assurer sinon ça devient carrément l'enfer.
20h30. Enfin, le cours commence. Je cherche la musique, mais bon, apparemment, rien. Ah, si, un cours de chant corse, dans la salle d'à côté. Ambiance. J'ai déjà du mal à me concentrer pour que mon nez touche mon genou en même temps que mes fesses touchent mes talons, mais je tiens bon.
21h. Je regarde ma montre, je pense que je ne suis pas dedans. Ils ont tous l'air envoutés, moi je me demande combien de temps je vais rester dans cette position, d'autant plus que là à cet instant, mon voisin touche presque mes fesses avec son menton, et ça, ce n'est pas une figure homologuée. Là, le maître yogi lance un tonitruant "là votre mental doit être très foooOOOrt normalement!". J'ai dû rater un passage, parce que je ne savais pas qu'il fallait me concentrer sur mon mental, personne ne m'a rien dit! J'ai l'impression que ça se lit sur mon visage et que tout le monde s'en est aperçu.
21h30. Libération. Je regarde rapidement dans mon tee shirt : pas une goutte de transpiration. Frustration énorme. Je me sens détendue, certes, mais bon, pas de déclic méta physique, je me sens toujours aussi vulnérable face au regard des autres, et surtout j'ai mal au dos. Je rentre chez moi pas vraiment convaincue et en plus j'ai la dalle, et je me fais une demi pizza + 3 tartines de fromages. Balance calorique : positive.
Demain, c'est signé je me remets à la gym suédoise. Et j'arrête avec mes lubies de femme active du 21e siècle. Je serai bien dans ma tête ou bien dans mon corps, et ce sera déjà pas mal.
